A corps et à cri

En noir. En couleur. Discrets au creux du poignet ou à la naissance d'un sein. Etalés sur tout le corps jusqu'à la pointe du crâne, les tatouages ne sont plus la marque provocatrice des bad boys mais le langage universel de notre époque. 

On se tatoue pour dire qu'on est unique, qu'on est différent, qu'on défie les conventions même si on finit par devenir un mouton de Panurge puisqu'aujourd'hui en France, une personne sur cinq est tatouée! Mais qu'importe! On pense ainsi crier aux autres qui on est. On pense être à la pointe de la mode alors que les plus anciens tatouages datent de 5300 ans. Ils avaient, parait-il, des vertus thérapeutiques et curatives. Ils correspondaient à des points d'acuponcture et se situaient souvent au niveau des articulations. Le tatouage pour soulager l'arthrose? Possible. 

Il est très vite devenu un marqueur social. Réservé en son temps à une élite, il devint la preuve que le pèlerin avait atteint le bout du chemin, que le marin avait traversé les océans, que le prisonnier avait purgé sa peine, que le voyou avait fait allégeance au clan. 

Le mot tatouage vient du polynésien tatou. Le monde occidental se l'est approprié pour en faire un art à part entière. Il a ses dessinateurs virtuoses. L'histoire n'est pas récente. En 1968 déjà, un film de Denys de la Patelière racontait comment un collectionneur avide (Louis de Funes) convoitait la peau d'un tatoué (Jean Gabin) parce que Modigliani  y avait signé une oeuvre! De la pure fiction bien sûr mais à cette époque on avait le rire facile!

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